Portrait d’éditeur – La Mérule (mai 2026)
La Région Nouvelle-Aquitaine compte plus de 200 éditeurs, qui abordent des thématiques variées dans des catalogues exigeants. Plus de soixante d’entre eux ont choisi de former le collectif AENA (Association des Éditeurs de Nouvelle-Aquitaine), dont les libraires de LINA sont bien évidemment partenaires.
Le réseau LINA, partenaire des éditeurs de Nouvelle-Aquitaine, vous propose de (re)découvrir chaque mois un éditeur membre de l’AENA, sa ligne éditoriale, son catalogue, son équipe et son histoire le temps d’un portrait.
Ce mois-ci, partez à la rencontre des éditions La Mérule.
Comment décririez-vous l’ADN / l’identité de votre maison d’édition, son histoire et ses valeurs ?
Issu du collage improbable de nouvelles consacrées dans un livre genèse, La Mérule donne de sa gélatineuse personne pour montrer à lire ses littératures qui laisseront pantois, en enrichissant notre rapport au monde réel…
Pourriez-vous nous parler du processus de découverte et de sélection des textes au sein de votre maison d’édition ? Que recherchez-vous chez un.e auteur.ice ou un manuscrit pour décider de sa publication ?
Sur les pages délicatement affinées dans les odeurs de sous-bois – déliquescence mérulée des forêts assouplies –, nous voulons les encres qui dessinent la vie sur les murs de la tentation littéraire… De cette tentation des écritures restées au fond des tiroirs à la tentative d’édition champignonneuse, il n’y a qu’une jonction à restaurer. Et c’est bien ici que nous nous situons : la maison d’édition La Mérule cherche à apprivoiser une fiction qui s’intéresse aux cloaques, miasmes et passions viscérales de nos existences.
Pourriez-vous nous parler d’une publication récente qui incarne particulièrement la vision éditoriale de votre maison d’édition ?
Nous sortons, début mars, le troisième livre de Christophe Vergnaud : Ma grand-mère sous les feuilles (métaphysique d’un terrassier), qui résume assez bien ce que nous recherchons dans un écrit. Une narration efficace et inventive, mais qui n’empêche pas les non-dits essentiels. Trouver, entre les lignes, l’insoutenable légèreté et l’efficiente souffrance de l’être.

Pourriez-vous nous parler d’une collaboration récente entre votre maison d’édition et une librairie indépendante qui vous a particulièrement marqué.e ?
Plutôt récurrente que récente. Quelques dédicaces et un soutien sans faille de la librairie Préférences à Tulle.
Face à l’évolution de la chaîne du livre vers une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, comment votre maison d’édition se positionne-t-elle et/ou que met-elle en place ?
Nous avons associé à notre petite maison, une librairie d’occasion qui tente de survivre… Un moyen simple de participer à la sauvegarde physique et morale d’un patrimoine littéraire en danger de – mauvais – recyclage.
De plus, nous travaillons avec des imprimeurs locaux à moins de 30 minutes de distance (en Corrèze, les distances se calculent en minutes).
Quels sont les projets de votre maison d’édition, comment voyez-vous l’évolution de sa proposition ?
Survivre !!! Et, un jour peut-être, publier plus de 3 livres par an et… se rémunérer.