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Portrait d’éditeur – Éditions L’herbe qui tremble

Portrait d’éditeur – L’herbe qui tremble (février 2026)

La Région Nouvelle-Aquitaine compte plus de 200 éditeurs, qui abordent des thématiques variées dans des catalogues exigeants. Plus de soixante d’entre eux ont choisi de former le collectif AENA (Association des Éditeurs de Nouvelle-Aquitaine), dont les libraires de LINA sont bien évidemment partenaires.

Le réseau LINA, partenaire des éditeurs de Nouvelle-Aquitaine, vous propose de (re)découvrir chaque mois un éditeur membre de l’AENA, sa ligne éditoriale, son catalogue, son équipe et son histoire le temps d’un portrait.

Ce mois-ci, partez à la rencontre des éditions L’herbe qui tremble.

Comment décririez-vous l’ADN / l’identité de votre maison d’édition, son histoire et ses valeurs ? 

Les éditions L’herbe qui tremble sont nées en 2008. Leur premier livre, publié en 2009, est un recueil du poète belge Philippe Mathy. À l’origine du nom, deux écrivains : Victor Hugo, qui, dans le paisible paysage de la vallée de la Bièvre, écoutait et voyait « l’herbe qui tremble et qui reluit », et Paul Willems, auteur belge qui nous est particulièrement cher pour son approche de la poésie, L’herbe qui tremble étant aussi le titre de l’un de ses livres.

Les deux brins d’herbe du peintre René Moreu accompagnent la maison depuis sa création et témoignent de notre attachement à mêler peinture, art et poésie.
L’herbe qui tremble a également entrepris un important programme de publications — rééditions et inédits — de l’œuvre d’Ilse et Pierre Garnier, pionniers de la poésie spatialiste, associée aux mouvements d’avant-garde en poésie concrète, visuelle et sonore à partir des années 1960.

Le catalogue compte aujourd’hui 190 titres parus et plus de 60 autrices et auteurs.

Pourriez-vous nous parler du processus de découverte et de sélection des textes au sein de votre maison d’édition ? Que recherchez-vous chez un.e auteur.ice ou un manuscrit pour décider de sa publication ?

La maison fait la part belle à la poésie francophone contemporaine, mais toute idée de ligne éditoriale y trouve aussitôt son contraire. Ainsi, nous ne nous réclamons d’aucune chapelle littéraire : la poésie est une, de tous temps et en tous lieux.

Pourriez-vous nous parler d’une publication récente qui incarne particulièrement la vision éditoriale de votre maison d’édition ?

La Tentation de saint Antoine de Bernard Manciet. C’est un Manciet surprenant que nous révèle le plus volumineux de ses manuscrits longtemps délaissés. Le texte est écrit en français, avec des passages entièrement ou partiellement en occitan, ce qui peut surprendre, Manciet écrivant habituellement sa poésie en occitan avant de la traduire en français. Le défi que le héros lance à Satan est de savoir « qui de nous aura le moins peur de la fin du monde ». Le poème revêt la forme extérieure d’une épopée, mais boiteuse — onze chants au lieu des douze canoniques. Du point de vue formel, La Tentation est le lieu d’un véritable feu d’artifice d’expériences diverses. Quelques pages manuscrites sont présentées en fin de volume afin de permettre au lecteur d’apprécier le travail du poète.

Pourriez-vous nous parler d’une collaboration récente entre votre maison d’édition et une librairie indépendante qui vous a particulièrement marqué.e ? 

La librairie Lire à Bazas nous a contactés pour nous proposer de mettre L’herbe qui tremble à l’honneur pendant le Printemps des poètes, au mois de mars.

Face à l’évolution de la chaîne du livre vers une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux, comment votre maison d’édition se positionne-t-elle et/ou que met-elle en place ? 

Nous privilégions des papiers labellisés FSC, travaillons avec des imprimeurs « propres » et favorisons la réimpression plutôt que les gros tirages.

Quels sont les projets de votre maison d’édition, comment voyez-vous l’évolution de sa proposition ?

Être davantage présents en Aquitaine avec nos auteurs, tout en restant attachés aux traductions, qu’il s’agisse de langues étrangères ou de langues de France, et continuer à garder le cap du travail engagé depuis maintenant dix-sept ans.